Cette
confidence se trouve dans l'une des dernières
séances du séminaire "d'un Autre à
l'autre"(1).
Lacan
déclare qu'il est d'une humeur excellente :
"...
humeur qui se fonde sur ces choses qu'on a entre
deux portes et qui s'appelle un espoir, en
l'occasion, de ce qu'il serait possible, si les
choses tournaient d'une certaine façon, que je
sois libéré de cette sublimation hebdomadaire
qui consiste dans mes relations avec vous.
"Tu
ne me vois pas d'où je te regarde" avais-je
énoncé au cours d'un des séminaires des
années précédentes, pour caractériser l'un
des types de l'objet aen tant qu'il est fondé
dans le regard, qu'il n'est rien d'autre que le
regard.
"Tu
ne me dois rien d'où je te dévore" tel est
le message que je pourrais bien recevoir de vous,
sous la forme que j'ai définie sous sa forme
inversée en tant qu'il est le mien lui-même, et
que je n'aurais plus chaque semaine à faire ici
cet aller - et - retour autour d'un objet a qui
est proprement ce que je désigne ainsi d'une
formule,qui vous le sentez, - devoir -
dévoration - s'inscrit dans ce qu'on appelle à
proprement parler la pulsion orale qu'on ferait
mieux de rapporter à ce qu'elle est : la chose
placentaire, ce en quoi je me plaque comme je
peux sur ce grand corps que vous constituez pour
constituer de sa substance qui pourrait faire
pour vous l'objet d'une satisfaction. Ma mère
l'intelligence, comme disait je ne sais plus
qui."
C'est
ainsi que Lacan s'exprimait au moment où il
allait être obligé de quitter l'Ecole normale
qui avait été jusqu'alors son lieu d'accueil.
On
ne peut, me semble-t-il, rêver plus belle
démonstration de ce qu'est la fonction de la
sublimation comme moyen de suppléance de la
fonction paternelle en présence de ce grand
corps monstrueux qui menaçe d'engloutir le
sujet.
Note
rédigée par Liliane Fainsilber
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