Pour avancer de quelques pas dans la métapsychologie de la sublimation

"La sublimation... seule satisfaction permise par la promesse analytique (1)."

Chaque aventure analytique relève en elle-même, pour l'analysant et pour l'analyste, de la sublimation.

Une psychanalyse permet à celui ou celle qui l'entreprend d'espérer trouver les domaines ou les voies de ses sublimations.

Une psychanalyse ne peut que trouver enseignement à se pencher sur les produits des sublimations pour continuer à explorer ce champ encore très fertile de la métapsychologie défriché par Freud, cultivé par Lacan.

La sublimation: non pas un fait acquis mais plutôt une activité, une façon de procéder de l'inconscient. Le verbe en rend mieux compte en français que le substantif, Sublimierung, sublimer, analogue de Verdrangung, refouler.

C'est en effet comme alternative au refoulement que se présente, dans la métapsychologie, la sublimation.

Les productions de ces processus analogues, le symptôme pour le refoulement et l'œuvre pour la sublimation, nous renseignent sur les processus eux-mêmes. Tout comme l'existence du symptôme, retour du refoulé, témoigne du fait qu'un refoulement a eu lieu, la naissance d'une œuvre atteste d'une sublimation qui l'a suscitée.

A ceci près peut-être que si le symptôme témoigne du refoulement, il en témoigne par son échec. D'un refoulement réussi nous n'aurons jamais aucun signe. Pour qu'il y ait symptôme, il a fallu que le refoulement ait en partie échoué.

Alors que l'œuvre, si elle voit le jour, porterait plutôt témoignage de ce qu'une tentative de sublimation se trouverait avoir réussi. Pour cette fois-là serait alors tenue la promesse, par cette voie fragile et périlleuse que nous nous proposons d'explorer, de la réalisation du désir inconscient.

Jacy Arditi

 

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1 - J. Lacan, Séminaire L'Ethique de la psychanalyse, séance du 22 juin 1960.